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2 mots sur l'éducation prioritaire17/02/2021

2 mots sur l'éducation prioritaire


L’éducation prioritaire serait-elle en train d’évoluer vers un dispositif où la qualitatif prendrait le pas sur le quantitatif ? Cette vieille querelle droite-gauche va-t-elle disparaître au profit d’un dispositif « en même temps » ? La philosophie de Mme Elimas, secrétaire d’Etat à l’éducation prioritaire, est de « donner plus à ceux qui ont moins ». L’objectif serait de la décliner à bon escient sur notre territoire, là où les besoins se font sentir pour que l’éducation prioritaire ne soit pas un signe négatif pour l’égalité des chances.

Que constate-t-on aujourd’hui ? Qu’il y a des écoles et des collèges orphelins de l’éducation prioritaire, qui sont oubliés des cartes de REP et REP+.

Après 40 ans d’existence d’éducation prioritaire en France, les 729 collèges et leurs écoles de secteur, classés en REP ne sont sûrement pas les seuls à concentrer des élèves boursiers originaires de quartiers défavorisés, issus de milieux populaires précaires ou ayant redoublé plus souvent que d’autres ? J’étais longtemps membre du CNESCO dont les travaux ont montré que 12 % de la totalité des élèves sont dans un établissement où 2/3 sont issus de milieux défavorisés. Il faut évidemment tout faire pour éviter les ghettos scolaires : le danger existe parfois même dans la ruralité. Ne faut-il pas travailler sur l’image de nos écoles et valoriser davantage leurs initiatives et leurs bons résultats ?

Le gouvernement a conscience que de nombreux collèges et écoles, notamment dans la ruralité, présentent les mêmes difficultés que les réseaux d’éducation prioritaire. Aussi la secrétaire d’Etat a-t-elle lancé en novembre dernier les « contrats locaux d’accompagnement » dans 3 académies : Amiens, Nancy-Metz et Normandie. Avec quel financement ? On ne sait pas précisément mais ce dispositif ne remet pas en cause les moyens alloués en REP et REP+. Il faut évidemment rassurer l’aile gauche de LREM qui s’offusque de ce nouveau dispositif qui pourrait mettre en cause le zonage actuel de l’éducation prioritaire.

On change tout mais on ne touche à rien ! Quel courage politique ! Ce sont Les limites du « en même temps » !

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