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ParcourSup : des inégalités d'accès à l'enseignement supérieur23/11/2021

ParcourSup : des inégalités d'accès à l'enseignement supérieur


Le Député, nommé orateur du groupe LR pour la commission des affaires culturelles et de l’éducation, est intervenu lors de la discussion de la proposition de loi du groupe GDR visant à atténuer les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur générées par ParcourSup.

« Monsieur le Président,

Mme la Rapporteure,

Chers collègues,

Réduire les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur générés par ParcourSup est un objectif louable de la part du groupe GDR.

En effet, on se souvient des bugs de ParcourSup en mai 2019 mais aussi des inégalités récurrentes, non seulement d’accès à l’enseignement supérieur mais aussi d’accès à des informations claires pour nos étudiants.

Le gouvernement répète à l’envi que le nouveau ParcourSup est un processus plus humain que l’ancien alors que le raccourcissement du calendrier et le peu de transparences des algorithmes inquiètent nos étudiants. Et il faut se rendre à l’évidence : certains d’entre eux se retrouvent dans des filières qu’ils ne souhaitent pas vraiment. Comme ils sont invités à exprimer jusqu’à 10 vœux, y compris des sous-vœux, et parfois encore des vœux d’apprentissage, il y a malheureusement des erreurs d’aiguillage.

Au groupe LR, nous partageons les observations de la Cour des Comptes dans son rapport de février 2020.

La Cour suggère l’anonymisation du lycée d’origine tout en insistant sur une mesure de pondération de l’écart entre les résultats au bac et les notes du contrôle continu.

Ensuite, nous voudrions insister sur l’information des élèves qui est évidemment fondamentale pour une bonne orientation.

Ces derniers ont accès pour chaque formation aux taux d’admission des candidats dans tel ou tel établissement, à la série du bac souhaitée ou à la part des boursiers. Par contre, ils ne disposent pas d’attentes précises pour les différentes formations ni des critères des algorithmes, algorithmes parfois locaux.

Lors de la mission flash que j’avais menée avec Géraldine Brenier sur les spécialités de Première, nous avions déjà été alerté sur ce point.

En effet, les attendus des formations supérieures sont déterminants dans le choix des lycéens en Première et Terminale. Et ce ne sont pas les deux professeurs principaux qui, du fait de la disparition des groupes de classes, pourront distiller les bons conseils en matière d’orientation.

La Cour des Comptes propose de rendre publics les critères de sélection et de créer un outil d’aide à l’orientation permettant d’analyser les classements.

Aussi ne faut-il pas s’étonner que certains élèves aient recours à du coaching privé. Si les 54 heures inscrites dans l’emploi du temps étaient effectivement consacrées à l’orientation, nous n’en serions probablement pas là.

La PPL que nous examinons aujourd’hui s’appuie largement sur le rapport de la Cour des Comptes mais cite aussi le Défenseur des droits, la commission consultative des droits de l’Homme ou un rapport sénatorial sur l’égalité des chances.

67% des enfants de cadre qui obtiennent un diplôme de l’enseignement supérieur post-licence contre seulement 16% d’enfants ouvriers est un constat implacable qui montre que l’ascenseur social est en panne.

Si au sein du groupe LR nous partageons le diagnostic des inégalités d’accès au supérieur, nous sommes beaucoup plus réservés sur des dispositifs contraires à notre vision de l’enseignement supérieur.

J’ai bien noté vos arguments, Mme la Rapporteure, mais l’anonymisation pure et simple du lycée d’origine ne nous convient pas, les critères de détermination des capacités d’accueil mentionnant des taux de pression non plus. Ce dernier critère est en effet jugé non fiable par le Cour des Comptes.

Enfin, accueillir toutes les candidatures venant de l’enseignement professionnel et technologique en STS et en IUT ne nous semble pas raisonnable.

Une évaluation des candidatures, des critères de mérite ou la mise en place d’une doctrine fixant d’une manière concertée les capacités d’accueil pour l’ensemble des formations du Supérieur, comme prôné par la Cour des Comptes, nous semble plus acceptable.

Le Groupe LR s’abstiendra sur cette PPL. »

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