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Débat sur les moyens de remédier aux effets de l’épidémie de covid-19 sur la jeunesse02/03/2021

Débat sur les moyens de remédier aux effets de l’épidémie de covid-19 sur la jeunesse


M. Frédéric Reiss : Je fais partie de la génération de mai 68, dont l’histoire a retenu qu’il est interdit d’interdire : la fin des contraintes, des oppressions et des convenances. Un demi-siècle plus tard, pour tenter de vaincre la pandémie, des libertés fondamentales ont été restreintes, voire bafouées. « C’est dur d’avoir 20 ans en 2020 » : cette phrase, prononcée en octobre par le président Macron, n’a pas fini de résonner dans la tête de ceux qu’on appellera probablement la « génération covid ». C’est une génération anxieuse, en quête de sens, impuissante face aux dérèglements climatiques ; elle s’interroge sur l’avenir de la démocratie, et ne veut pas être sacrifiée.
Paradoxalement, ces jeunes, nourris au numérique, qui ont goûté avidement aux réseaux sociaux, se retrouvent en overdose de visioconférences, qui les désespèrent. Qu’on le veuille ou non, deux années scolaires ont été plus que perturbées – années perdues, selon votre expression, madame la ministre. Le résultat du bac 2020 est en trompe-l’œil, peut-être même constitue-t-il une bombe à retardement. La rentrée 2021 se prépare maintenant. Que fait le Gouvernement pour que la prochaine année scolaire et universitaire se déroule normalement ? Tous les enseignants seront-ils vaccinés d’ici là ?
Ma deuxième question concerne les stages nécessaires à la validation d’une formation, souvent diplômante. La plupart de ceux qui doivent effectuer des stages ont le sentiment de revivre la galère du printemps dernier. À cause de la crise sanitaire, les entreprises n’ont ni le temps, ni le budget, pour recruter des stagiaires. Entre projets ajournés et équipes en télétravail, beaucoup hésitent à accueillir des étudiants. Au-delà des slogans « un jeune, une solution » ou « un jeune, un emploi », qu’est-il prévu pour aider les jeunes ? Des collègues ont déjà posé la question et Pierre-Henri Dumont a évoqué des solutions : comment le Gouvernement incitera-t-il les entreprises à embaucher des stagiaires ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LR.)

Mme Frédérique Vidal, ministre : Comme vous l’avez dit, l’objectif majeur dans les semaines à venir est de résoudre le problème des stages. Contrairement à l’année dernière, les établissements s’y sont préparés, les collectivités y ont travaillé avec eux, de même que le monde socio-économique. Les universités que j’ai eu la chance de visiter récemment en offrent quelques exemples : à Poitiers, un travail a été accompli avec tous les acteurs du monde socio-économique, pour proposer des stages sur la plateforme JobTeaser ; en Gironde, la forte mobilisation des entreprises membres de la CPME – Confédération des petites et moyennes entreprises – départementale a donné lieu à l’initiative « 1étudiant1entreprise » ; à Strasbourg, la plateforme se nomme « une entreprise, un jeune, un diplôme ». En outre, les plateformes « un jeune, une solution » et le site etudiant.gouv.fr participent à rendre les stages visibles. Les régions s’engagent également, comme la région Grand Est avec le dispositif « Capital stages », ou la région Centre-Val-de-Loire, avec la plateforme Jobaviz du CROUS. À chaque fois, le travail des établissements est mené en lien avec le monde socio-économique et les collectivités, qui apportent des solutions locales.
Bien sûr, il était également nécessaire que ces stages puissent être différés jusqu’au 31 décembre, comme l’année dernière, afin de bénéficier d’une reprise d’activité économique : il est difficile en ce moment d’obtenir un stage dans certains secteurs, mais les entreprises s’engagent à accueillir les étudiants quand elles en seront capables. Le même dispositif que l’an dernier autorisera les étudiants à effectuer leur stage jusqu’au 31 décembre, sans réinscription : leur diplôme sera ainsi validé.
Ce travail de dentelle s’effectue localement, sur le terrain, toutefois nous pouvons lui donner une visibilité nationale. Les jeunes ont impérativement besoin de savoir que le monde économique les accompagne.

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