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Budget 22 : Crédits Enseignement scolaire

Budget 22 : Crédits Enseignement scolaire


Frédéric Reiss est intervenu en séance lors du débat sur le budget 2022 de l’Enseignement scolaire :

 » « Gouverner, c’est prévoir ; et ne rien prévoir, c’est courir à sa perte », disait Émile de Girardin, ce contemporain de Victor Hugo qui fut député du Bas-Rhin sous la IIe République, donc entre la monarchie de Juillet et le Second Empire, et qui a toujours refusé les atteintes aux libertés.
Sans doute aurait-il crié au scandale en apprenant que l’on prive un jeune de toute activité sportive au motif qu’il n’est pas vacciné. À l’école, il peut faire du sport avec ses camarades, mais au club sportif, avec ces mêmes camarades, c’est impossible. On peut donc se poser la question du rattachement du ministère des sports de la vie associative à celui de l’éducation nationale.
Comme journaliste, Émile de Girardin a inventé les romans-feuilletons. L’histoire de l’école n’en est pas un, mais elle est en perpétuelle évolution.
Le budget de la mission 
Enseignement scolaire est le premier de l’État. Il connaît une hausse de 1,6 milliard d’euros dont on pourrait se réjouir ; mais, en y regardant de plus près, la question de l’efficience du système scolaire reste posée et l’excuse de l’héritage n’a plus lieu d’être. En commission, monsieur le ministre, vous vous êtes évertué à démontrer que tout allait mieux depuis 2017 en vous démarquant nettement de ce qui a été fait sous le quinquennat précédent. Or l’approche comptable est la même : une augmentation de 6,009 milliards d’euros de crédits de paiement ouverts de 2013 à 2017, et une augmentation de 6,237 milliards d’euros de 2018 à 2022, soit, je l’ai évoqué en commission, 12,246 milliards d’euros – nous ne sommes pas loin de 13 milliards – de progression en dix ans.
Je comprends que la rapporteure pour avis se réjouisse de cette hausse des crédits mais, écrit-elle dans son rapport, « la réflexion doit être poursuivie dans une logique d’approche globale de l’agent et non sur le simple plan de la rémunération ». En effet, ajoute-t-elle, « l’école de la République ne peut pas répondre correctement aux attentes des élèves, des familles et de la nation si son personnel n’est pas considéré à sa juste valeur ».
Je concède que certaines orientations sont les bienvenues, comme l’accent mis sur l’enseignement prioritaire, le rééquilibrage des moyens entre le primaire et le secondaire ou encore l’accompagnement des enfants en situation de handicap – orientations pour lesquelles le groupe Les Républicains a souvent servi d’aiguillon. 
(Sourires sur les bancs du Gouvernement.) Nous défendons tous une école inclusive mais le manque d’AESH est patent. Certains enfants n’ont parfois que quatre heures d’accompagnement et la coordination du travail des PIAL laisse à désirer. Le nombre d’amendements déposés sur ce sujet est d’ailleurs révélateur.
La crise sanitaire a amplifié les inégalités, en particulier dans le domaine du handicap et d’une façon générale pour les populations défavorisées. Dans ce domaine, je souligne que le privé a pris entièrement sa part sans avoir les moyens de l’enseignement prioritaire et je rappelle que, pour un temps plein, les suppléants des établissements privés sous contrat ont une rémunération inférieure de 800 euros bruts à celle des suppléants du secteur public. C’est important à l’échelle d’une carrière. Aussi les augmentations de crédits des actions 01 et 02 du programme 139 sont-elles bienvenues.
L’enseignement technique agricole mérite lui aussi toute notre attention, d’autant plus que ses effectifs sont en hausse. Cet enseignement constitue un enjeu majeur pour le maintien et le développement d’une agriculture raisonnée, respectueuse de l’environnement et de la sécurité alimentaire des consommateurs.
Quant à l’enseignement professionnel, il faut le valoriser en décloisonnant notre système éducatif et en développant l’apprentissage sous statut scolaire. Les conditions d’insertion dans l’emploi, décevantes selon la Cour des comptes, en seront améliorées.
Durant la crise sanitaire, une très grande majorité d’enseignants, de la maternelle à l’université, ont su faire face de manière souvent exemplaire à des situations inédites. Il faut les en remercier tout en posant la question du numérique à l’école. De l’avis général, le numérique est un support pédagogique et non un acteur pédagogique : on ne remplace pas un enseignant par du numérique, ont estimé les syndicats auditionnés lors de la préparation de la discussion budgétaire. Il faut clairement poser la question de la formation dans ce domaine et maintenir au niveau départemental les ateliers du réseau Canopé. La mission d’information sur le cadre juridique et statutaire de l’enseignement hybride et à distance devrait nous éclairer sur ce sujet.
Les directeurs et directrices d’école seront bientôt bénéficiaires d’un emploi de direction sur mesure qui devrait faciliter l’accomplissement de leur mission spécifique. Nous avons voté en faveur de la proposition de loi Rilhac créant la fonction de directrice ou de directeur d’école, tout en nous demandant si nous ne sommes pas restés au milieu du gué. Nous verrons à la fin de l’examen du texte.
Enfin, permettez-moi de m’interroger sur la performance du système éducatif. J’ai examiné minutieusement l’arrêté du 25 janvier 2021 fixant les modalités des certificats d’aptitude au professorat de l’enseignement du second degré (CAPES). C’est l’occasion d’évoquer l’attractivité du métier d’enseignant, largement prise en considération dans cette mission, mais aussi les connaissances disciplinaires solides indispensables aux maîtres pour asseoir leur autorité. Or on constate, pour les recrutements, que la forme prime souvent le fond. L’autorité naturelle d’un maître se fonde sur une bonne maîtrise disciplinaire, ne l’oublions pas. Restaurer l’autorité des professeurs, renouer avec la transmission des fondamentaux, c’est le combat de l’école de demain.
Rappelant sa réserve quant à la réforme du lycée et aux aléas de Parcoursup, relevant la montée du fondamentalisme religieux et la persistance des violences scolaires, déplorant l’état lamentable de la médecine scolaire et regrettant que l’école n’arrive plus à garantir le même niveau d’enseignement à tous nos enfants, le groupe LR votera contre ce budget – la suite au prochain numéro. »

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